lundi 16 avril 2018

Challenge Manga Suki : Mars
Partie II




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Bonjour à tous, c’est toujours avec plaisir que je vous retrouve pour ce mois de Mars (et que je prends plaisir à lire vos articles) ! Lorsque je me suis penché sur la thématique du mois, les Éditions Komikku me sont inévitablement venues à l’esprit. J’apprécie énormément cette maison, et l’ensemble des œuvres qu’ils publient. Aujourd'hui nous allons donc parler de Minusucle, scénarisé et dessiné par KASHIKI Takuto. L’histoire, quant à elle n’est pas extravagante, elle reste simple et mignonne. Elle correspond parfaitement au cadre que souhaite l’auteur, où se mêle au fil des planches, aventures, nature et esprit d’équipe !

Car c’est là, tout le charme de cette œuvre, l’amitié qui lie nos deux compères, Hakumei et Mikochi, pas plus haute que trois pommes. Toutes les deux sont complémentaires et différentes à la fois. En effet, Hakumei est d’un naturel plutôt téméraire, irréfléchi et écervelé. Tandis que Mikochi quant à elle, est plutôt calme, avisée et prévoyante. Elles se complètent, remplissant les peurs de chacune par le courage et le bon sens de l’autre ! (Je pense que les « minuscules » sont des espèces hermaphrodites, donc veuillez m’excuser si je leur donne une nature féminine ! ) De plus, j’ai pu remarquer que Mikochi a un sens plutôt aisé pour les affaires, et gère surement le porte-monnaie, tandis que Hakumei est plutôt agile de ses doigts.

On suit leurs aventures, et leur débrouillardise au quotidien. Chaque élément de la nature leur permet de construire, de manger, de se protéger, et nous embarquons dans un monde naturel, ou différentes espèces cohabitent, et où nous observons un monde, à 9 centimètres de hauteurs ! Tous les composants sont mis à l’honneur dans différents chapitres. L’habitation de nos deux petits êtres se situe dans un tronc d’arbre. Et j’ai beaucoup aimé cette philosophie, se fondre dans la nature, vivre en harmonie avec les animaux, les végétaux, les plantations. Bien que les thématiques soient souvent bonnes enfants, certains points moins joviaux sont abordés, comme le fait de subvenir à ses besoins, et apporter une entrée d’argent dans le foyer. Et c’est pour cela que j’apprécie autant Minuscule. L’ambiance est enjouée, mais reste tout de même réaliste. 

Pour terminer, parlons du coup de crayon de l’auteur. Celui-ci permet une immersion totale dans ce petit monde de la faune et la flore, chaque élément est très bien représenté, l’auteur apport beaucoup de détails, et ce sur tous les plans. Ainsi, j’ai passé plusieurs minutes à contempler les planches, tellement minutieuses et poétiques. Et puis cette échelle de grandeur est respectée. Entre les différents édifices ou autres être vivant, par rapport à nos deux protagonistes, qui rappelons-le ne mesurent que 9 centimètres. Même leur habitacle est très bien dessiné, apportant beaucoup de détails. 

Pour conclure, c’est une lecture idéale pour accueillir le printemps comme il se doit. Suivre les aventures quotidiennes de nos petits êtres est reposant et très sympa. 


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Ce mois-ci, j'ai sélectionné un titre que j'affectionne particulièrement, qui met du baume au cœur, à lire calmement, chapitre après chapitre, avec un tasse de thé à portée de main. Il s'agit de Mushishi, manga terminé en 10 tomes, dessiné et scénarisé par Yuki Urushibara (plus un one-shot paru en 2014 en même temps que la saison 2). La série est sortie en France en 2007 aux éditions Kana (sauf le one-shot).

L'histoire suit Ginko au travers de ses voyages, de village en village, où il aidera les gens qu'ils croisent dans leurs soucis avec les mushi. Car Ginko est un mushishi, c'est-à-dire un expert en mushi, ces créatures primitives, visibles par très peu d'êtres humains. Volontairement ou non, ils sont responsables de phénomènes surnaturels, parfois sans conséquences néfastes, parfois à l'inverse rapidement mortel. Et c'est dans ces cas précis qu'intervient notre mushishi.

Il peut s'agir d'un marais mouvant, se dirigeant petit à petit vers l'océan, conduisant à sa mort. Sauf qu'il entraîne dans son sillage une jeune femme... D'une montagne où les mushi prolifèrent et les phénomènes anormaux se multiplient suite à la disparition de son gardien... Une jeune fille qui doit enfermer sur le papier les mushi qui habitent sa jambe pour espérer pouvoir remarcher un jour...

Les histoires sont indépendantes les unes des autres, mais un lien discret se tisse petit à petit, notamment via, les veines de lumière, une multitude d'infimes mushi qui coule sous terre, telle une rivière infinie, apportant la vie sur son chemin. On a aussi des personnages qui reviennent de temps en temps, comme Adashino, l'antiquaire que l'on rencontre à la fin du premier tome. Les histoires n'ont pas toujours de morale, ni de happy ending, mais toutes veulent nous rappeler que la Nature nous entoure et qu'il faut composer avec, sans toujours chercher à la dompter. Quoi qu'il arrive, la vie trouve toujours un chemin...


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A l’annonce du thème de mars j’ai tout de suite pensé à la courte série (2 tomes) de Daisuke Igarashi : Petite Forêt. J’aurais pu parler d’un manga plus récent et plus engagé… j’aurais pu parler de Les pommes miracles ou de Ma vie dans les bois. Ou j’aurais pu évoquer Les fils de la terre, plus si récent mais très ancré dans l’écologie et plus précisément le lien entre écologie et agriculture. Mais bien que j’ai lu et apprécié tous ces titres, celui qui m’est tout d’abord venu à l’esprit c’est Petite Forêt. Avec tous les plats que l’on déguste à chaque chapitre, le titre s’apparente plus à un manga culinaire qu’à un manga engagé pour l'environnement. Et pourtant…

Ichiko vient d’emménager à Komori (Petite Forêt), un petit village de la campagne du Nord du Japon dont elle est originaire. Après une rupture difficile, elle décide de quitter la ville et revient sur ses terres. Si chaque chapitre semble cintré sur une recette, un aliment typique de la région que Ichiko redécouvre, c’est surtout une ode à la nature, une invitation à la contemplation, à la redécouverte de la nature et des présents qu’elle a nous offrir. Parmi les plats qu’Ichiko se prépare, nombreux sont ceux préparé avec des herbes sauvages, ou en communauté avec les autres habitant du village. Loin de la vie frénétique des ville et de la junk food, c’est au rythme des saisons qu’il faut vivre à Komori.

Avec ce manga, Igarashi nous donne envie de goûter la nature, de la sentir et de la ressentir à travers ses parfums et ses goûts. De la respecter aussi car c’est elle qui dicte son rythme à Ichiko. Cela nous invite aussi à ralentir, à décrocher. A sortir dehors, regarder le ciel, observer les planter et laisser le temps filer.

Comme dans beaucoup de manga prônant un retour à la campagne, Igarashi met aussi en évidence un mode de vie différent, plus communautaire, plus solidaire que celui des citadins. A Komori les habitant s’entraident, préparent ensemble les mochi, le miso et tous ces plats qui demandent de longues préparations.

Et c’est avec beaucoup de poésie et  un dessin délicat que Igarashi nous donne envie de vivre plus proche de la nature mais aussi de l’humain.

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Comme beaucoup, je connais peu de manga parlant d'environnement. Toutefois en gros fan de science-fiction que je suis, il serait regrettable de ne pas vous parler du seul que j'ai lu. Je veux bien entendu parler de Planètes de Makoto YukimuraYukimura maintenant, on le connaît surtout pour Vinland Saga et c'est une œuvre géniale cela va sans dire. Mais avant ça il a écrit Planètes, un manga en 4 tomes disponible chez Panini et même ressorti en intégral. Le titre avait même eu droit à une adaptation animée chez Sunrise, de la main de Gorou Taniguchi, le réalisateur de Code Geass.

Mais au fait, comment une série parlant de l'espace peut-elle bien traiter d'écologie et d'environnement ? La réponse se trouve au dessus de vos têtes, et à l'heure où j'écris ces lignes c'est d'autant plus intéressant de s'y pencher puisque sur nos frimousses, dégringolent les restes d'une station spatiale chinoise de près de 9 tonnes.

L'espace n'est nettoyé par personne et se trouve être un endroit de plus en plus pollué par des décennies d'explorations spatiales. Entre les lanceurs de fusées laissés à l'abandon dans le vide jusqu'aux vieux satellite hors-d'usage en passant par des débris infimes résultant de collision comme dans Gravity (où quand la réalité dépasse la fiction). Le vide sidéral est une véritable poubelle cosmique que l'ont continue de remplir année après année. Ce soucis est connu de longue date et désormais il y a des entreprises privés telle que Space X qui tentent d'éviter de rajouter encore plus de déchet en l'air en récupérant les morceaux des fusées pour les réutiliser ensuite.

Dès le début des années 2000, Planètes met en lumière ce problème d'un nouveau siècle qui a même fait l'objet récemment d'un Essai sur le sujet « Pollution Spatiale : L'état d'Urgence ». Visionnaire donc.

L'histoire de Planètes se déroule en 2075 et nous suivons une bande d'éboueur de l'espace. Un métier dangereux et sous-payé ô combien nécessaire, dont le but est de récupérer les débris laissé par l'homme tout le long de sa conquête des étoiles afin de rendre ses voyages plus sûr. Mais pourquoi les voyages de l'homme dans l'espace sont-ils si fréquent me direz-vous ? Hé bien car en bon gros capitaliste que nous sommes nous avons totalement détruit l'écosystème terrestre et exploité toutes ses ressources, nous forçant à quitter la planète bleu pour trouver de nouveau horizon et de nouveau moyen de subvenir à nos besoins en énergie. Et si vous pensez que ça n'est que de la science-fiction, vous rigolerez moins en sachant qu'on file à toute allure vers ce scénario et que personne ne semble prendre conscience d'à quel point cela est grave.

Le monde géopolitique de Planète se veut réaliste, aussi est-il aussi pourri que le nôtre. Car même si on nettoie l'espace, nous sommes en passe de faire les mêmes erreurs que sur Terre. Le vide spatial, finalement, il est comme le plancher des vaches, y'a des multinationales, des gouvernements, des intérêts privés qui rejouent le spectacle de la lutte des classes. Moralité c'est pas parce que t'es astronaute que t'es pas un ouvrier exploité à la solde du Capital. Pas d'échappatoire ni de rédemption pour un monde en perdition, l'être humain continuera encore et toujours d'être une créature toxique pour lui-même et son environnement. Gageons qu'une course à la conquête spatiale, où nous nous installerions sur la Lune ou Mars, n'y changerait absolument rien et c'est fort dommage.

Toutefois dans Planètes ce sujet n'est qu'une toile de fond pour parler des hommes, de l'humanité et de leur rapport à l'espace. Car l'espace n'est pas un lieu de plaisance, c'est un endroit dangereux, froid et isolé de tout, avec personne pour vous entendre crier.

Comment les héros gèrent leurs vies, leurs sentiments, leurs doutes et leurs rêves, qu'est-ce qui les pousse à affronter la mort à des milliers de kilomètre de chez eux, comment ne deviennent t-ils pas fou à force de combattre la solitude du vide sidéral. C'est ça ce dont parle réellement Planètes. De Hachimaki et son rêve d'aller conquérir Jupiter au point de s'aliéner au travail, détruisant sa vie et ses relations jusqu'à atteindre les bords de la folie, à Yuri et sa quête du deuil, cherchant à enfin avancer dans une vie détruite. Ils ont tous une raison qui les amène à côtoyer l'abysse, à partir loin de tout, de leur maison, de leur famille durant des mois voire des années.

L'Espace en lui même devient un personnage à part entière capable du pire comme du meilleur. Il est la personnification de la mort, de la solitude ou même d'un être divin veillant sur les personnages. Et pour cause L'Espace est peut-être le protagoniste que les héros côtoient le plus durant leur quotidien. Espace qui peut se révéler magique, mystique et poétique, leur donner l'espoir d'un futur plus beau, un avenir radieux comme le soleil.

Au rythme où nous allons, ce manga deviendra une œuvre d'anticipation. Évitons que ça arrive en prenant conscience de son message dès aujourd'hui.


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Dans Réincarnations, nous faisons tout d’abord la rencontre d’Alice SakaguchiJeune fille introvertie, elle possède le don étonnant de « comprendre » les végétaux qui l’entourent ; mais ce naturel discret ne l’aide pas à tisser des liens alors qu’elle vient juste de changer de lycée à la suite du déménagement de sa famille. Pourtant, elle rencontre vite plusieurs autres élèves avec qui elle partage d’étrange rêves, des rêves qui l’emmènent dans une station spatiale d’où une petite communauté scientifique observe la terre.

Le sous-titre Please Save My Earth ne laisse aucun doute quant aux liens avec le challenge du mois : ici l’environnement est un thème majeur, mais attaqué sous plusieurs angles. D'abord la nature elle-même constitue presque un personnage de ce manga, à travers le don d’Alice qui nous permet d’entendre les répliques des fleurs et des arbres. Ensuite, la communauté de scientifiques ne se contente pas de surveiller la terre, mais elle la vénère, chacun des personnages s’emploie à étudier dans les détails ce qui leur apparaît comme un véritable paradis, dans le sens sacré du terme.

J’ai attrapé ce manga un peu au hasard, parce que le titre avait l’air de correspondre au thème, et me voilà donc avec shojo, datant d’une trentaine d’années qui plus est – autant dire que je suis à des années lumières de ma zone de confort. Et pourtant, quelle bonne surprise ! Je n’ai lu que le premier tome, mais je ne m’attendais pas à me laisser emporter si facilement, ni si intensément dans l’histoire d’Alice !

La première chose qui m’a marquée dans ce manga, c’est que l’histoire avance très vite : chaque chapitre contient au moins une action importante, et chaque personnage introduit est (quasiment) immédiatement utilisé dans l’histoire. Cela permet d’avancer très vite d’une part, et d’autre part de ne pas nous perdre malgré le rythme effréné : au lieu de devoir retenir les noms et visages au début et de devoir fouiller sa mémoire ensuite (ou revenir en arrière…), on peut les associer directement à une action, ce qui rend le récit très clair. Et c’est essentiel dans ce manga, car l’histoire est tout sauf linéaire ! C’est l’autre atout principal de ce manga : Saki Hawatari crée un incroyable mélange de genres. Dans ce premier tome seulement, on passe de petites histoires de lycée aux scientifiques de l’espace évidemment, mais on passe aussi par le drame, la romance, le fantastique, et puis on croise des yankees, dans une ambiance de thriller, le tout souvent teinté d’humour. En quelques chapitres seulement, l’autrice nous montre qu’elle n’a pas peur d’expérimenter, ce qui nous donne un récit très coloré. De plus, malgré cette histoire qui part un peu dans tous les sens, elle parvient à construire des personnages vraiment intéressants, ne serait-ce qu’Alice, l’héroïne. J’ai beaucoup aimé le personnage d’Alice, parce que l’introversion n’est pas sa seule caractéristique : la mangaka développe très vite ses relations avec sa famille, avec les autres élèves… en nous révélant ses pensées en détails.  Alors qu’elle n’aurait pu être qu’une jeune fille silencieuse, Alice est pleine de vivacité d’esprit.

Cet ensemble très frais s’accompagne d’un dessin élégant et assez détaillé, l’autrice semble se faire régulièrement plaisir sur les fleurs, notamment. Après, on reste dans l’esthétique particulière de « l’époque », qui n’est pas vraiment ce que je préfère. On retrouve çà et là des scènes et des clichés aujourd'hui datés, ce qui est normal, mais nous rappelle de temps en temps que malgré la modernité du sujet, le traitement reste un peu vieilli.

Ceci-dit, ce n’est même pas un reproche, car Réincarnations est un manga d’un genre et d’une époque qui ne me plaisent pas, et qui a pourtant réussi à me captiver. C’est un premier tome très intriguant que j’ai lu, très bien rythmé et plein d’audace. Je ne m’attendais pas à aimer mais la fraîcheur de l’histoire m’a totalement emportée – c’est tout ce que j’espérais de ce challenge : trouver des perles inattendues ! Cette fois-là, c’est un succès.

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Par un été étouffant, alors que d’importantes restrictions d’eau frappent le Japon, la jeune Chinami s’évanouit pendant un entraînement d’athlétisme. Mais lorsque la collégienne se réveille, elle se trouve sur les berges idylliques d’une rivière aux eaux cristallines. Autour d’elle, un village paisible, où seuls vivent encore un vieil homme et un petit garçon. Ce lieu mystérieux, qui lui semble étrangement familier, va petit à petit lui livrer ses nombreux secrets...

Il m'a été difficile de parler de ce manga. Non pas qu'il n'est pas intéressant, au contraire, j'ai eu un petit coup de cœur. Mais il n'est jamais évident de parler des choses qu'on aime avec les bons mots. Et surtout, sans gâcher le plaisir d'une possible découverte. Mais tentons malgré tout...

La lecture de cette œuvre est particulière. Même en nous arrêtant à une première lecture superficielle, on remarque que ce manga met en évidence de nombreuses oppositions. La plus frappante est la différence entre le monde réel, qui souffre d'une sécheresse intense, et ce monde onirique, que voit Chinami, qui subit des précipitations importantes depuis longtemps (semble-t-il). Il y a également la rupture entre la réalité et le rêve, dans lequel nous plongeons parfois assez abruptement dans le premier volume à cause (ou grâce) au découpage de la mangaka. Il se dégage des ambiances très différentes entre les deux : le monde réel est angoissant, étouffant, difficile à vivre, tandis que le monde onirique est calme, reposant, tranquille, et presque vide. On ressort presque aussi détendu de ce monde que Chinami lorsqu'elle se réveille. Enfin, on découvre petit à petit une opposition passé/présent. Mais je ne m'étalerai pas spécialement dessus. Disons juste que toute la saga familial de Chinami est traité dans ce manga. Mais petit à petit, toutes ses oppositions deviennent de moins en moins fortes, et une union entre chaque extrême se met en place, permettant d'actualiser et de comprendre la vie de la famille de Chinami.

Nous allons découvrir avec Chinami l'histoire de sa famille, qu'elle ignorait alors jusque là. Elle va découvrir des mensonges, des secrets, qu'elle ne pouvait envisager. Ces découvertes vont lui permettre de mieux comprendre la situation actuelle de sa mère et de sa grand-mère. Cette chronique commence durant la Seconde Guerre Mondiale jusqu'à une période ressemblant à notre époque, et est naturellement poignante du début jusqu'à la fin. La capacité de la mangaka à traiter des sentiments et des faits, et de les mettre en évidence rend le tout doux et fort à la fois. Cette histoire est merveilleuse et pleine d'émotions.

Bien évidemment, la famille reste le thème principal. Mais d'autres aspects ressortent lors de la lecture. Tout d'abord, il y a tout un développement autour du deuil, lié au secret de famille. Mais ce thème est aussi étendu jusqu'au deuil de son village d'origine : ce départ, douloureux, insoutenable parfois, mais contre lequel on ne peut rien. Tout ce que l'on peut faire, c'est se souvenir et réapprendre à vivre ailleurs. La douleur semble en effet aussi importante et insupportable dans les deux cas. Mais l’œuvre nous fait comprendre qu'il faut continuer de vivre malgré tout. Ceci rejoint un autre message, celui de vivre malgré les aléas de la vie et les épreuves qu'elle peut imposer. La vie est importante, que ce soit vivre avec soi ou vivre pour sa famille. Enfin, le manga rappelle l'importance de connaître ses origines. Chinami évolue, apprend, comprend, et semble heureuse de savoir la vérité.

Underwater ~Le village immergé est une œuvre de Yûki Urushiba, traitant avec douceur de nombreux thèmes aussi différents les uns des autres. Mais il se dresse aussi un message subtil : pour que cet univers, ce cocon, cette vie existe, encore faut-il que la vitesse de développement, le désir de s'étendre et de faire tout toujours plus grand de l'Homme ne détruise pas tout. Sans pour autant porter un véritable jugement critique, on peut remarquer une pointe d'amertume au travers des personnages ne souhaitant pas abandonner leurs maisons, leurs souvenirs, pour le désir d'une société capitaliste prête à détruire tout une zone pour répondre à une demande. Qui est vraiment en cause dans tout ça ? Nulle réponse ici, juste notre conscience qui nous interroge.

Underwater ~ Le village immergé est une véritable petite fable, avec sa dose de surnaturelle. La mangaka, connue en France pour Mushishi, réutilise quelques thèmes de ce manga, de part son côté fantastique et la présence d'un Dieu de l'eau (nommé Ryujin). Le dessin est beau, les traits sont fins, et Urushibara joue très bien avec les nuances de gris. L'utilisation intelligente des trames nous permet de nous immerger dans les rêves de Chinami. Cela nous permet de douter comme elle, qui parfois ne sait plus si elle rêve ou non. Enfin, les décors sont précis et magnifiques. Bref, que ce soit par les dessins ou par la douceur de l'histoire qu'il raconte, ce manga est une petite pépite à lire de toute urgence !


Merci de nous avoir lu, on se retrouve le mois prochain pour converser autour de titres amusants !

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